Notes de voyage : Maroc 2015

Étant présentement en résidence d’artiste à Casablanca pour une période de 3 mois, j’ai souhaité vous partager quelques moments parfois cocasses, parfois plus personnels de mon passage dans cette merveilleuse ville encore trop peu connue. Vous aurez la possibilité de me suivre, au cours des prochains mois, en lisant mes « notes de voyages » que je publierai sporadiquement sur mon site web ainsi que sur mon Facebook.

 

25 octobre 2015

Concession Perpetuelle

Mes derniers jours à Casa, phase 1. Il y en a 4. Pour moi, c’est plus facile de gérer chaque phase individuellement. Phase 2 – retour sur Montréal pour quelques jours; La Singulière Nature Humaine. Phase 3 – retour sur Casa avec “Les Branches d’Ovane” et phase 4 – profiter du Maroc et de son soleil. De nature “touche à tout”, j’aime que tout soit bien rangé. Chaque élément dans sa petite boîte et après il est scellé. Ça me rappelle la chanson des soeurs Mcgarrigle, PETITES BOÎTES. Dans ce cas-ci, ça n’a pas la même signification mais tout de même, il y a une part de vérité comme dans toute chose.

“Chaque élément dans sa petite boîte”

Je me suis promené ce matin le long de la corniche, c’est le nom qu’on donne au bord de mer de Casa. Elle était magnifique ce matin la mer. D’un côté il y a la grande Mosquée de Mohamed VI, face à l’océan Atlantique et de l’autre, le bord de mer avec tous ses attraits; la plage, restaurants et les bars. Et tout près, un vieux cimetière catholique en ruine dans un quartier populaire. Là, je peux vous assurez que “chaque élément n’était plus dans sa petite boîte”. Ça m’a ramené en 1990 durant mon bac. en architecture, “La réactualisation des cimetières en milieu urbain”. Je terminais ma thèse par un gros monument noir comme solution. Quatre ans d’études pour finalement aboutir à un seul monument pour des centaines de milliers de morts. Le souvenir d’un disparu était plus salutaire qu’une ruine “qui tombe en pièces”. Ce matin dans le vieux cimetière catholique de Casa, pas d’oiseaux et pas de gardiens. Seul de vieux clichés de disparus font figures de sentinelles des lieux. Comme dans L’ossuaire des Catacombes de Paris où on peut lire sur un écriteau, “Arrête! c’est ici l’empire de la mort”. Ce matin dans le cimetière, le site avait été comme bombardé par un obus de l’oublie. “Le temps passe et les traces s’effacent” du Singulier. Aldo Rossi disait que; “nécropole/métropole, seul l’horizon les sépares”. Il y a du vrai. En franchissant la petite porte d’une longue enceinte blanche, je me suis retrouvé à me promener seul dans un quartier de Casa et que l’horizon était la mer, belle et déchainée.

Hier soir, attablés autour d’un thé à la menthe et de “pizza marocaine”, M. Amiel disait; ” Le Maroc est un pays froid d’où le soleil est chaud”.

Un frisson s’est propagé tout le long de ma colonne.
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19 octobre 2015

Troisième humanité

“Tout erreur assumée devient un choix artistique”
Tiré du roman; Troisième Humanité par Bernard Werber que je lis.

Je suis resté tout mon séjour à Casablanca. Est-ce une erreur? D’où cette question suite à “tout erreur assumée devient un choix artistique”. Les Branches d’Ovane ( titre de mon exposition du 17 novembre) est un carnet de 15 tableaux. J’ai vécu au quotidien Casablanca. C’était un bon choix. Je termine mes dernières oeuvres sous un soleil radieux et chaud comme en plein mois de juillet de Montréal. Je sue comme un poisson dans l’eau. Je lis aux nouvelles qu’au Québec, vient de voir ses premiers flocons. Finalement, je suis heureux de suer.

Il y a près de chez moi une librairie superbe dans le Quartier Gauthier juste à côté du salon de coiffure de mon bon ami Noor. Tout est à côté de chez Noor. Une bonne partie des ouvrages de la librairie traitent de l’orientalisme. Je me suis acheté deux livres que je dévore en buvant bien certainement du vin. Le premier livre comme je le mentionnais ci-haut; TROISIÈME HUMANITÉ de Werber sur 700 pages traite de l’humanité et non de l’orientalisme. Werber dit; “Nous sommes à l’ère de la deuxième humanité. Il y en a eu une avant. Il y en aura une …après”. Ça me rappelle Mora que j’ai écris suite à ce que Hubert Reeves avait dit. “Si l’homme descend du singe, qu’est-ce qui descendra de l’homme?” Juste cette phrase me frissonne. Alors si nous sommes à la deuxième humanité, imaginez ce que la 3e peut m’inspirer. Une suite à Mora? Un jour peut-être mais pas là. Je dois clore mes expositions à venir avant de m’affoler à autre chose.
Le deuxième livre de 360 pages par Doctoresse Légey, CONTES & LÉGENDES POPULAIRES DU MAROC, recueillis à Marrakech, 1926. C’est fascinant. Ça été racontées par d’anciennes esclaves de sultans. Autre culture, autres moeurs. Quand quelqu’un te trahit, tu te venges. Tu lui coupe la tête, tu la sales et tu la suspends. On dit que dans les contes et légendes, il y a une part de vérité. Comme les légendes du Québec début du siècle, ça engendraient l’horreur et fascination.

“Une goutte d’eau peut faire déborder l’océan”, citation de Werber.
Mon exil, espérons-le serait cette toute petite goutte d’eau qui peut faire une différence dans mon oeuvre et dans ma vie.

Au tournant de mes 50 ans, 20 ans de carrière, j’entame aujourd’hui ma “Troisième Humanité”.

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11 octobre 2015

Étales d’olives

Midi doit surement approché. Je dévore les étales d’olives et de citrons confits. Toutes les couleurs sont dans les olives comme les saveurs sont dans la goberge. C’est dans le Maarif du quartiers Val Fleuri que je me suis promené. Perdu dans les souks coincés entre les autoroutes et les nouveaux édifices qui n’existaient pas il y a 10 ans. Il y en a du monde les dimanches. Ça fait de la boue au sol. Les étales de pommes grenades m’impressionnent. Elles sont aussi grosses que les melons miels de par chez nous mais au lieu d’être rouge elles sont blanches et roses. Il y a aussi les fruits verts ou rouges de cactus que les vendeurs ambulants vendent aux coins des rues. Pour un dirham le fruit. Délicieux et très graineux mais très délicieux. Il paraît que ça aide aux système digestif. Faut pas trop en manger ça bloque. Je suis revenu par la Villa des Arts. Il y a une exposition en cours WHAT IS KNOW de Monther Jawabreh, artiste israélien. Tout est sur le thème de guerre et conflit. Intéressant avec une touche d’humour.

Bon je vous laisse, mon déjeuner est prêt. Pain baguette française et terrine de canard. Tout ce que je n’ai pas vue dans les souks ce matin. 🙂

à bientôt.

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10 octobre 2015

Carnet d’Orient

Les semaines passent aussi vite que la circulation automobiles sur le boulevard Zerktouni. Je réussis à atteindre le trottoir de l’autre côté et hop déjà vendredi. Il y a la salle de sports les matins avant les petits déjeuners Par la suite, les infos du Québec sur Ipad que je lis, je peins les avant-midis parce que la lumière est splendide. Hanane la ménagère fait le ménage tous les jours et ça brille. Les midis, je pars prendre le déjeuner dans un petit resto de quartier qui me coûte à peine 4 dollars. Je devine que le petit café est tenu par le père et ses fils. J’ai l’impression de manger des plats de chez moi sans le couscous. Gouteux et à point comme je les aimes. Je repasse au logement pour travailler quelques heures avant d’aller me reposer dans un hammam du Quartier Gauthier ou chez mon cher ami Noor, “Duo by Noor”, son 2e salon. Massages, gommage et savonnage. Je reviens brillant. Les soirs je lis un nouveau bouquin, Carnets d’Orient de Jacques Ferrandez. C’est un récit haut en couleur de l’Algérie de 1836 sous le régime français. Tout est illustré sur 400 pages. C’est les carnets d’un peintre. Et voilà, les mardis, mercredis, jeudis et vendredi ont filés. Je m’offre pour les fins de semaines une promenade dans les souks de quartiers, les librairies et d’autres trucs. Malheureusement aujourd’hui il a plu. J’ai rencontré Hicham qui travaille sur mon catalogue pour l’expo à la So Art Gallery. Il y a eu des prises de photo dans mon “atelier” et on discute. Hicham aime bien “saisir” la pensée de l’artiste pour développer un catalogue à l’image de l’artiste. J’ai été voir ma série de tableaux réalisés ici sur place à la galerie So Art. J’admet que je suis très fier. L’exposition portera le nom de “Les branches d’Ovane”. À connotation moyen-orientale elle évoque de petits jardins intimes.

Dans quelques semaines, la première phase de mon périple marocain prendra fin. De retour à Montréal pour quelques jours pour le lancement de ma première exposition 2015 à la Galerie MX le 6 nov. au soir. La Singulière Nature Humaine.

et voilà, une autre page de mon carnet d’Orient sur place à Casablanca.

Hicham
carnets dOrient


4 octobre 2015

Cette semaine, quelqu’un m’a demandé s’il y a des éléments marocains qu’on pourrait retrouver dans mes oeuvres.  Je peux vous confirmer que durant toute la semaine sa question m’a embêté.   Je crois qu’intégrer des éléments d’un lieu, des objets, des détails et autres peut être un processus long parce qu’avant tout,  ils doivent nous embaumer, nous faire rêver, nous stimuler, nous raconter et nous filtrer.  Et c’est simplement par la suite que tout naturellement ils seront déposés sur canevas.  J’ai travaillé fort cette semaine sur mes oeuvres pour deux raisons mais soyez rassuré, depuis mon arrivé j’ai très bien travaillé.  Il y a avant tout une date butoir pour la prise des photos des oeuvres qui seront en catalogue et qui stimuleront les collectionneurs.  Je veux réaliser un minimum d’oeuvres  parce que c’est une exposition que je considère très importante dans ma carrière.  C’est une exposition entièrement créée en dehors des murs de mon atelier montréalais.  Il y avait également cette question qui me revenait à l’idée et qui me faisait perdre pieds.  Est-ce que ma peinture change depuis mon arrivé au Maroc.  Y’a t’il de nouveaux éléments? Est-ce que ma peinture est travaillée différemment?  Et ma grande question.  Avais-je assez de recul pour voir peut-être la petite différence?  Trente-cinq jours depuis mon arrivé à vivre dans mon lieu de travail.  Tous les jours, j’ai mis la main à la pâte.  Et hier à la galerie j’avais rendez-vous avec Hicham Fadi, directeur artistique, infographiste et un artiste jadis mais toujours dans l’âme.  C’est lui qui travaille sur mon petit catalogue de 21cm x 15cm.  Format idéal.   Une quarantaine de page.  On a discuté, échangé nos regards sur la peinture qui se fait ici au Maroc et en général.  Je l’ai amené à voir mon lieu de travail et les quelques tableaux que j’ai travaillé durant cette fameuse semaine de questionnements.  Seulement une phrase de sa part et j’ai tout compris.  La profondeur de mes oeuvres dévoilait de fines lignes en perspectives de fond créant ainsi des scènes subtiles mais marocaines.  J’étais heureux.  Je ne dis pas que toutes mes oeuvres auront des références marocaines mais je peux vous dire qu’avec le temps c’est possible.  Merci Hicham.  Mais il y a également de gros merci à Ghizlaine, Jamila, M. Amiel, Mohammed et tous les autres que je rencontre et qui me parle de peinture avec passion.  C’est là que je réalise que la peinture est universelle.  Elle rassemble les gens.  Ça ne prend pas des mots pour rassembler un groupe mais bien des couleurs.

Le Maroc est coloré.


27 septembre 2015

Une belle semaine et quelle semaine. 

Tous les moutons sont morts le jour de l’Aïd.  Je les ai entendus “miauler” les nuits précédentes.  Je me demande si quelques moutons ont été graciés comme certaines dindes durant l’Action de Grâce.

Finalement, ça été une semaine de travail.  Tout est fermé car c’est l’Aïd.  Ça m’a poussé à travailler davantage.   Les couleurs sont revenues dans mes oeuvres.   Elles n’étaient pas très loin.  Casa st une grande ville.   De magnifiques villas de style Art Déco ont disparus pour faire place à des édifices de 9 étages.  Mon dernier voyage à Casablanca remonte en 2007.   En 8 ans je trouve que la ville a changé et en même temps je trouve que non.  C’est une ville colorée, dynamique, très jeune, très technologique et très à l’affût des nouvelles tendances.  Malheureusement, l’écart entre pauvre et riche se voit.  Si j’étais installé à Marrakech, mon impression ressentie des lieues seraient peut être différents.  Je ne sais pas.

J’ai beaucoup marché dans Casablanca.  Prendre un taxi c’est te fermer sur les quartiers.  À pieds, tu découvres des boutiques, des petites rues, des odeurs de toutes sortes, les petits marchés, les gens qui te saluent, traverser de grands boulevards de 8 voies sans feux de circulation pour piétons.  Apprendre les noms des boulevards.  C’est reposant.  C’est inspirant.  C’est demandant.  Est-ce la raison pourquoi les couleurs chaudes sont revenues dans mes oeuvres?

Je profite de Casablanca.  Je me fais savonner, gommer et masser au Hamman Gauthier une fois semaine.  À chaque fois j’ai l’impression de renaître.  Comme un lézard, j’ai laissé ma vieille peau sur place.  Je m’arrête à une boulangerie française, je me choisis des fruits au coin d’une rue.  J’arrête à la boutique d’art.  Je fais mon tour.  J’achète quelques couleurs et je retourne travailler.  J’ai travaillé tous les jours depuis mon arrivé.  Demain cela fera un mois.  Je me sens bien, je lis Millénium le roman, un bouquin sur Living in Morocco, je réponds aux courriels, j’échange sur FaceTime et Whatsapp avec mes amis. La ménagère Hanane me prépare des repas quelques fois dans la semaine et frotte l’appartement comme si je l’avais souillé de fond en comble en 24 heures.

Je vous laisse, le café est prêt.

à bientôt

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La photo de la Cathédrale du Sacré Coeur de Casablanca .  L’ancien sanctuaire est à présent un lieu d’expositions temporaires.  L’église accueille dans ses murs des œuvres d’art contemporain. L’Histoire de Casablanca se mêle aux jeunes créateurs. Tableaux et sculptures remplacent les fidèles du XXe siècle. (extrait tiré de wikipédia)   En 2012, j’étais en résidence d’artiste Ifitry à Essaouira.  J’avais travaillé sur une grande oeuvre nommée Éphé de 2 x 3 mètres.   Elle a été présentée lors de la première Biennale de Casablanca en 2012 à l’intérieur de cette  “grande dame blanche”.

Le plaisir de redécouvrir des lieux où mes oeuvres ont passées.


20 septembre 2015

Me voilà à quelques jours de la très célèbre fête musulman, l’Aïd.

Mais qu’est-ce que l’Aïd?

Cette fête commémore la soumission d’Ibrahim (Abraham dans la tradition juive) à son Dieu, symbolisée par l’épisode où il accepte d’égorger, sur l’ordre de Dieu, son unique fils Ismaël (dans le judaïsme, le fils à sacrifier est Isaac). Après son acceptation de l’ordre divin, le Dieu envoie l’archange Gabriel (Jibrīl) qui substitue au dernier moment l’enfant par un mouton qui servira d’offrande sacrificielle. En souvenir de cette soumission totale d’Ibrahim à son Dieu, les familles musulmanes sacrifient un animal (le mouton qui a un an ou la chèvre qui a deux ans ou le bovin qui a deux ans et qui est entré dans la troisième année lunaire ou le chameau qui a complété cinq ans)  (extrait tiré de wikipédia)

L’Aïd sera célébré jeudi le 24 sept.  Les familles avec l’aide de bouchers égorgeront leur mouton.  C’est une célébration qui se fait en famille.  Les têtes seront accrochées à l’extérieur dans certain quartier.  Beaucoup de gens dans le besoin se font donner un mouton par les gens qui en ont les moyens de payer.   Beaucoup d’entraide.  Vous serez heureux d’apprendre que j’ai acheté un mouton pour quelqu’un dans le besoin.  Sa famille n’avait pas les moyens.  On m’a promis un morceau déjà préparé et cuit.

Aujourd’hui, dimanche nuageux, je suis en parti en direction de la Médina, (l’ancienne cité) aux odeurs de toutes sortes.  Encens, fumier, foin, poissons, bouffe, de la boue tout partout, des motos, pi des jeunes à ne plus finir.  Ça court tout partout.  La Médina est située près de la mosquée Hassan II à Casa Port.  C’était un retour en 2007 que j’ai vécu.  Ahhh les souks…    Plus personne ne t’aborde à venir voir ses étales.  Je passe inaperçu.  J’arrive à l’intersection de petites rues, et là des plats de tagines fait main, prêt à être utilisé pour la cuisson.  Je m’en suis acheté un pour à peine 50 dirhams, ….6 dollars.  Un beau grand plat pour la tagine.    De retour de mon périple seul, assis à ma table, je sens la ferme.  Qu’elle odeur chargée de souvenirs d’enfance.  Je viens de la campagne.

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16 septembre 2015

J’avais cet après midi rendez-vous à la galerie avec Ghizlaine et Sylvie Tailliez , responsable des relations de presse pour l’expo du 17 nov.

Elle travaille auprès de la Galerie So Art depuis quelques années.
Très sympathique.

Je lui ai parlé de mon parcours, mes aspirations, mes inspirations, la maturité dans mon travail que je perçois etc.

Du même coup M. Amiel (propriétaire de la Galerie) est arrivé.  Il arrive d’Espagne.  Je crois que c’est une des premières fois que nous avons la chance de se parler.  Belle rencontre stimulante.  Il a vue ma première grande oeuvre.  Il m’a dit bonne continuité.  C’est déjà bon.  Mon oeuvre comme on me l’a toujours dis doit avoir une période d’apprivoisement.   M. Amiel aime beaucoup mes bleus et mes rouges dans les oeuvres antérieurs.  Honnêtement? C’est maintenant plus difficile voire même impossible pour moi, maintenant, de travailler avec ces couleurs.  Je suis passé à autre chose.  J’épure et j’atteins d’autres rives.  🙂

à bientôt.

Mercredi 16 septembre 2015_Ghizlaine Guessous de SOART Gallery et Sylvie Tailliez responsable des Relations de Press


 

13 septembre 2015

Quelle merveilleuse journée j’ai passé avec mon très cher camarade Mohamed (Simo) et la rencontre de grands artistes affirmés par leur travail et leur caractère.

En Range Rover direction Kénitra dès 12h30, nous partons faire la rencontre de Moa Bennani.  Attablé à une table d’une terrasse d’un bel hotel d’une époque révolue mais pas très loin,  son lieu de prédilection à Moa pour les rencontres entre amis, on se donne rendez-vous.  Un charmant monsieur au cheveu très blanc nous reçoit.  Il est toujours sérieux.  Mais lorsqu’il parle c’est fascinant.  Tous ses déplacements à l’étranger où il a peint durant des mois et des années tout au long de sa carrière.   Paris, (séjour de 8 ans)  NY, Californie (un séjour de 2 ans) , Espagne etc.  Ses manifestations culturelles pour faire valoir la reconnaissance  des artistes dans un pays tel le Maroc dans les années 60 à l’extérieur sur le trottoir.  50 ans de carrière et sa vitalité artistique toujours présente.  Un peu affaiblit dans les dernières années par la maladie il peint à un rythme plus lent.  Une belle exposition de ses oeuvres pour bientôt sera présentées à la Galerie So Art.  Deux années de travail.  Attablé près de lui à boire du vin, scotch et bières, après avoir dégusté de merveilleux plats de poissons, je l’écoute fasciné.  Il me fait penser à mon père.  Je lui pose des questions sur ses débuts.  Ses études.  Il me parle de son fils, artiste également et qui vient de faire un séjour de 3 mois dans l’atelier de Monet à Paris, pour monter une exposition.  Nous y serons.  C’est le 8 oct à la galerie Loft.  Mohamed a développé de belles relations avec ses artistes et ça se voit.  Mohamed aime l’art et les artistes.   Trois heures plus tard, direction vers l’atelier de Moa qui n’est pas très loin de l’Hôtel.  L’Hôtel est sa 2e maison.  Son atelier et sa résidence est dans un grand immeuble au 6e et 7e étage.  Aujourd’hui, pas de chance l’ascenseur ne fonctionne pas.  Nous monterons les 6 étages à pieds.  Moa est très essoufflé.  C’est son coeur.  Je lui donne 75 ans mais il n’a que 69.  Il nous fait entrer finalement dans son antre.  C’est incroyable.  Un musée à ciel ouvert.  Tous les murs d’une patine noire ainsi que les plafonds me donne les frissons.  Mon regard est arrêté sur chaque petit élément.  Des sculptures, des livres, des tableaux non terminés, des meubles chinois importés tout partout.  Une magnifique table de verre sur marbre qui pèse plus d’une demie tonne.  Des tentures noires et des photos sur de grands pans de murs. L’artiste habite se lieu et ça se voit.  Son atelier à l’étage occupe tout le plancher et il s’ouvre sur une énorme terrasse qui fait trois faces.  Trois vues sur Kénitra.  Un nid de cigognes sur sa terrasses, des plantes quelques sculptures etc.  Il nous offre à boire, mais il se fait tard, nous devons quitter direction Rabat pour rencontrer Abdelaziz Charkaoui.   Avant de quitter, j’ai pris une photo de Moa devant ses photos, l’air pensif, cigarette à la main.  Quelle belle rencontre avec ce grand artiste de coeur et de générosité.  Nous aurons la chance Inch’Allah, de se revoir.  4 belles heures en sa compagnie.  Mohamed est devant moi toujours souriant.  Il est heureux.  🙂

Abdelaziz Charkaoui qu’on appelle Charkaoui, nous reçoit dans son petit lieu de travail très intime.  Différent personnage, différente vie.  Il vit avec sa femme et ses enfants qu’on ne voit pas.   Il est plus discret et même un peu gêné.  C’est ce qui fait son charme.  C’est très gentil de prendre de son temps pour nous recevoir.  Artiste de 45 ans et plus, autodidacte il me raconte qu’il a appris à peindre en regardant des revues d’arts.  Sa peinture est figurative.  Belle lumière et compositions, bel équilibre,  un travail de moine.  Il passe des mois à travailler à un rythme lent sur plusieurs toiles à la fois.  Il dessines tous les détails aux crayons sur canevas, prend des photos de ses scènes qu’il retranscrit sur toile.  Petits atelier mais combien chargé de papiers, de livres, de pinceaux, de canevas et des toiles à ne plus finir, qui ne sont pas encore terminées.  Petit espace chaleureux.  Il nous offre le thé et des biscuits, il nous parle de son art, d’une expo qu’il a présenté avec un travail tellement différent de ce qu’on connait de lui que l’expo à été mal reçu.  Il dirige son travail vers des lieux intérieurs.  C’est une peinture très marocaine, des souks, des petites rues, des marchands, des marchés, plus traditionnels.  Maintenant, c’est plus intime.  Des cours intérieurs.  Nous le laissons tranquille une heure plus tard.  Il retournera à ses pinceaux.  Il est 9h00.  Nous quittons pour Casablanca.  Mon dieu que Simo (Mohamed ) et moi avons baillés sur la route du retour.  Nous avons bien ri et une belle complicité se développe.  Il me débarque en face de chez moi.  Et hop au lit.  Je suis brulé.

Dimanche 13 septembre 2015_Besner devant une oeuvre de MOADimanche 13 septembre 2015_BESNER ert Charkaoui dans son studioDimanche 13 septembre 2015_BESNER et Charkaoui 1Dimanche 13 septembre 2015_Dans l'atelier de MOADimanche 13 septembre 2015_MOADimanche 13 septembre 2015_Mohammed BOUTALEB, MOA, BESNER


 

9 septembre 2015

Aujourd’hui j’ai été invité par Mohamed Boutaleb (galeriste de So Art) à rencontrer Said Lahlou et Florence Arnold autour d’un repas sur la rue Jean Jaurès en face du hammam  du quartier Gauthier, “Le four à bois”.
Said est un grand architecte de Casa qui a conceptualisé la galerie So Art et d’autres bâtiments aussi prestigieux de Casa.  Il a sa boîte d’architecte.  Son frère est le propriétaire du restaurant “Le four à bois”.  Son frère est resté et avait un restaurant dans la ville de Sherbrooke durant 15 ans.  Said a fait ses études à l’Université de Montréal en architecture quelques années avant moi.  Il est resté 15 ans à Montréal et depuis il est revenu dans sa ville natale depuis 20 ans.  Mohamed et Said se connaisse depuis toujours.  D’ailleurs Said m’invite à aller prendre une bière un soir de semaine, dans un ptit coin branché.  Il veut me faire découvrir Casa.  Mec hyper sympa.

Florence Arnold est une artiste française qui a grandit en Algérie dès l’âge de 2 ans et depuis 15 ans, elle habite Casa avec sa fille et son copain français, un artiste également.  Son travail est très intéressant.  C’est du découpage et tous ce qui semble hyper fragile est en réalité très dure.  Le papier est badigeonné de colle.  De belles grandes oeuvres que j’ai vu en catalogue qu’elle a apporté à Said et Mohamed.  D’ailleurs, un catalogue de ses oeuvres incroyables.  Le graphisme doit venir d’elle, et le papier carton du catalogue est impec.  Nous avons échangés et convenu de se voir avec Said et Mohamed et Florence dans mon atelier, ou l’inverse la semaine prochaine ou la semaine suivante.  Par la suite Mohamed nous a amené à découvrir ses bureaux de communication je crois, à côté du hammam de Gauthier.  Quel hasard.  Incroyable place.

voilà pour aujourd’hui.

Nous quittons pour la ville de Khénifra samedi pour aller rencontrer l’artiste Moa Bennani qui a plus de 72 ans.  Un allé retour.

À plus …

mercredi 9 septembre 2015_Florence Arnold et BESNER

mercredi 9 septembre 2015_Said Lahlou et BESNER


5 septembre 2015

Salut la gang,

Depuis mon arrivé à Casa, je me reconstruit, c’est à dire, d’une certaine façon je repars à neuf pour une durée de 3 mois et demi.  C’est de retrouver ma routine, le sport, me promener dans les quartiers avoisinant, de retrouver des repères, d’aller manger dans des petits resto de quartier, me reposer, peindre, de tomber par hasard sur le salon de coiffure de Noor, de faire du social, d’aller prendre un café au So Art Gallery et de parler quelques minutes avec Ghizlaine, de trouver une période de loisir, et de travail.  Tout ça ensemble, c’est génial.  Ça  fait beaucoup et être à nouveau seul dans un logement à proximité de ses oeuvres également.  Tu vois le gros du travail à venir et il faut pas paniquer.   Pour l’instant ça fait à peine 5 jours que je suis arrivé.  Il n’y a pas grands photos.  🙂  La semaine prochaine avec Mohamed, le galeriste, nous irons à Marrakeck rencontrer un artiste local et son atelier et autres trucs à venir.

Ici à casa, le jour il fait très chaud et les nuits sont fraiches comme les nuits fraichent d’automne de Montréal.

La ménagère est ici du lundi au samedi.
Elle fait le ménage, le lavage, et les repas.
Elle s’est embarré dans une pièce hier.  J’ai appelé la proprio et une heure plus tard avec l’aide d’un sérrurier, Hanane a retrouvé sa liberté de ménagère. 🙂
Pour l’instant je lui ai demandé de me préparer un couscous au poulet.  Elle m’a préparé un succulent repas….un repas pour 5.
Je mangerai du couscous pour plusieurs jour. ( inviter des amis à manger? un couscous au poulet c’est un repas aussi commun que manger un pâté chinois).  🙂

Tu vois?  Depuis quelques jours,  Casa commence à faire partie de moi.  J’aime Casa pour sa circulation rapide  des automobiles sans feux de circulations pour piétons.  J’aime casa pour ses merveilleux hammams et ses massages.  Les petits resto de quartier, son couscous et son petit lait, la simplicité des gens du quartier, tous les marocains en costards qui ont l’air à des mannequins sortie directement d’une revu de mode, à tous les sourires qui te sourit dans les rues.  J’aime Casa.!

Voilà où je suis rendu après 5 jours.

Tu peux écrire sur FB quelques petits mots, à ton aise,

Aucunes anecdoctes pour l’instant cela viendra.

Mohamed et Ghizlaine m’offre leur chauffeur pour des trucs à aller chercher.  Pour l’instant, avec un cell marocain et le google map, disons jme débrouille très bien.  Jme suis rendu à ma boutique de matériel d’art pour aller chercher des trucs tout ça en 1h de marche.  Mais c’est là que j’ai revue la villa des arts de casa, la vie de quartiers et ses boutiques.

J’entends Mike qui me dit, une heure de marche c’est une heure en moins dans ton atelier.  Je dirais , c’est une heure de gagner sur mon temps de production.  🙂

à plus les montréalais.

quelques photos suivront surement.

ciao 🙂

lesbranchesdovane